mercredi 25 septembre 2013

Mes rêves au grand galop

Mes rêves au grand galop
Didier Jean
Zad
Editions Rageot 
Collection Rageot Romans
Inès a 13 ans, elle vit à la campagne avec ses parents, dans une grande maison bioclimatique. Ses rêves se sont brisés le jour où un accident l'a paralysée, et si peu à peu elle reprend le dessus, elle demeure dure parfois un peu aigrie.
"Je sais, Inès, tu as beaucoup souffert. Depuis l'accident, tu es très courageuse. Tu veux tout réussir, être parfaite. Sauf que tu es chiante, Inès ! Parfaitement chiante ! Alors, s'il te plaît, lâche-toi un peu ! Et lâche-nous au passage..."
 Un jour, sa mère invite, pour une semaine, une de ses anciennes amies, son mari et son fils, Sébastien. Entre Sébastien et Inès, le courant ne va pas passer et leur rencontre va faire des étincelles, du moins au départ.
(Inès) _ Voilà deux heures que je te connais. Deux heures que tu joues les blasés, deux heures que tu râles. Tu as deux jambes valides toi, et tu n'es jamais content ! Quand tu veux on échange nos places !"
Au fil des jours, Sébastien va être intrigué par cette belle jeune fille, surtout qu'elle semble avoir un secret qu'elle ne souhaite pas voir divulgué : chaque matin aux aurores, elle quitte la maison, assise sur son fauteuil roulant, pour rejoindre un cheval.
C'est la couverture et le résumé qui m'ont donné envie de découvrir "Mes rêves au grand galop" et je n'ai pas été déçue, j'ai adoré ce roman où les auteurs parlent vrai et juste.
Dans ce récit à deux voix, nous entendons tour à tour celle d'Inès et celle de Sébastien, et nous allons les suivre au coeur de leur rencontre - explosive, et au fil du tissage des liens de leur amitié.
J'ai énormément aimé le style et le ton des auteurs et surtout les personnages qu'ils ont créés. Ce sont des personnages qui me ressemblent, je les ai trouvé proches de moi et de ceux qui m'entourent, c'est rare de se retrouver dans un roman, souvent les traits sont trop poussés, là j'ai été surprise du contraire.
Quant à l'histoire d’amitié, elle est belle et forte. Les auteurs mettent des mots sur les difficultés du quotidien et le ressenti d'une personne en fauteuil sans mièvrerie ni apitoiements mais avec réalisme.
"Je suis souvent en colère. Ça me tombe dessus, c'est plus fort que moi. Surtout quand je vois quelqu'un debout sur ses deux jambes, qui se plaint de sa condition ! Je trouve ça tellement injuste, ce qui m'est arrivé..."
Ce roman ouvre des portes et donne de l'espoir et pas seulement à Inès dont la vie en fauteuil s'améliore au fil des pages, grâce aux attentions de ses parents et de Sébastien mais aussi pour Sébastien qui s'épanouit et qui passe d'adolescent renfrogné scotché à son mp3 et son portable à un jeune homme passionné.

Et pour le plaisir, enfin le mien en tous cas, je finis par une citation un peu particulière...
"Quoi, les toilettes sèches ? Elles te dérangent ? Tu t'es déjà demandé où elle allait, ta merde ? Nous au moins, on s'en préoccupe ! Mais celle que tu as dans le cerveau t'empêche de le comprendre !"
Eh oui ! Dans ce récit, les solutions écologiques à mettre en oeuvre chez soi (petit éolien, solaire, toilettes sèches, isolation etc.) sont présentes et de façon simple, explicite et sans un arrière goût de moquerie comme je l'ai déjà lu dans d'autres romans. Bref, autant dire que même si ce n'est pas du tout le sujet du récit, cela rajoutait en crédibilité des personnages et même de manière générale, ce sont des choses toujours bonnes à rappeler ou à évoquer.

Enfin, il est bon de souligner que quelques jolies et délicates illustrations de Didier Garguilo sont présentes dans le livre, en début de chaque chapitre et changement de narrateur et quelques-unes en plus au fil des pages.
  

Alors un coup de coeur pour "Mes rêves au grand galop" de la première page à la dernière ! Un roman idéal pour les jeunes lecteurs de 10 à 15 ans.

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