lundi 18 novembre 2013

La bobine d'Alfred

La bobine d'Alfred
Malika Ferdjoukh
Editions L'école des Loisirs
Jeune parigo, Harry Bonnet a un joli prénom anglais, même si atypique pour un petit français de l'époque, qu'il doit à son père cinéphile. Ce dernier est chef cuisinier dans un bistrot de la butte montmartre, pour le compte d'un patron avare. Un soir, le père d'Harry se voit obligé de servir une demi-caille aux clients plutôt qu'une entière. Mais il refuse en voyant à table une actrice du cinéma muet, Lina Lamont. Harry, au milieu de tout ça, se prend une gifle par le patron, son père rend alors son tablier. Lina Lamont se sentant responsable et ayant apprécié les talents en cuisine du père d'Harry, lui propose de devenir son cuisinier personnel mais pour cela les Bonnet doivent partir pour Beverly Hills... 

 Malika Ferdjoukh fait merveille avec La bobine d'Alfred, un roman bourré d'humour et subtil ! 
Le narrateur est espiègle, c'est un adolescent de 16 ans qui se cherche encore. Sa découverte de Los Angeles, et également des jolies jeunes fille qui y vivent, va lui causer bien du tracas. Harry va avoir la chance de se trouver projeter au sein du monde du cinéma américain. Cinéphile comme son père mais surtout curieux et amoureux, il ne saura pas résister à la tentation lorsqu'il aura la possibilité de visionner la bobine d'un film caché du grand Alfred Hitchcock.
L'auteure s'attarde également sur de nombreux personnages ainsi même les protagonistes de second plan arrivent à prendre une âme et un sens en peu de phrases
L'idée de départ du livre est brillante ! Imaginer que le film que Hitchcock n'avait jamais pu tourner malgré son intense désir le fut finalement, c'est très fort ! A noter, que le roman s'ouvre sur l'indication que l'idée originale vient de Gérald Golman (Scénariste et réalisateur de courts métrages, illustrateur, auteur (de Coeur d'Artichaut paru chez L'école des loisirs et qu'après avoir lu La bobine d'Alfred, j'ai très envie de lire !) et le compagnon de l'auteure). Sachant d'emblée que le film n'est pas sorti, le lecteur sait qu'il va se produire un drame mais justement c'est cette tension qui est prenante. On se demande à quel moment va se déposer le grain de sable dans l'engrenage
Le lecteur est plongé avec délice dans Hollywood et les années 60. En même temps qu'on lit, des images de belles actrices nous viennent en tête. Le récit est parsemé de références et de clins d'oeil que le lecteur peut prendre plaisir à déceler. Rien que le nom de l'actrice qui engage le père d'Harry m'a déjà beaucoup amusé ! On pourrait dire que Lina Lamont a existé, ce fût bien une actrice du cinéma muet... mais à l'écran seulement ! Il s'agit en fait d'un des personnages féminin de "Singin' in the Rain" (Chantons sous la pluie). Dans tout le récit, le lecteur peut ainsi trouver des anecdotes qu'il est plaisant de relever.
Hitchcock est également bien décrit. L'auteure parvient à lui rendre hommage tout en rappelant sa part d'ombre concernant la relation qu'il instaurait avec ses actrices. 
Les titres de chapitres reprennent les titres de certains des films du maître du suspense, en mélangeant les intitulés français et anglais, et parfois en les modifiant légèrement pour mieux coller au récit. 
Maîtrisé, ce roman peut se lire certainement à tout âge même s'il s'adresse principalement aux 12-16 ans

Une lecture en parallèle avec ma complice du blog A l'ombre du Saule qui a également beaucoup aimé La bobine d'Alfred

2 commentaires:

  1. Oh, je n'avais pas vu que tu avais lu ce roman. Je viens de le terminer et de publier mon billet, c'est un vrai bonheur!!! :D

    RépondreSupprimer
  2. J'ai aussi bien aimé ce livre! Un univers captivant avec humour et suspens.

    RépondreSupprimer