mardi 8 avril 2014

Courir avec des ailes de géant

Courir avec des ailes de géant
Hélène Montardre
Editions Rageot 
Collection Rageot romans
"Mon père aime courir sur le sable le long de l'océan, chez nous, en Australie. Et j'aime le suivre, parfois le devancer. Quand je cours, j'ai l'impression d'avoir des ailes. Je vole ! 
Mais un jour..."

Je connais surtout l'auteur pour ses romans jeunesse sur la mythologie, et aux éditions Rageot j'avais également adoré son roman L'agenda. J'étais donc curieuse de découvrir ce récit qui s'annonçait sensible, ce à quoi s'ajoutait le thème autour de la course à pied, sport que je pratique.
C'est un très très beau roman. L'auteur arrive très bien à faire passer les sentiments de son personnage principal, à tel point que le lecteur finit l'histoire en étant bouleversé, pris dans l'émotion ressentie par ce jeune garçon. On est d'abord touché par sa relation avec son père, et ensuite par celle qu'il développe avec son grand-père. Ce dernier ne devient pas tout à fait un substitut de papa mais tout en restant dans son rôle de grand-père, il va faire son chemin vers son petit-fils, et c'est ainsi que grâce à lui son petit-fils va se sortir de cette douleur qu'il taisait. Parce que c'est ça aussi qui marque dans le récit, les non-dits et les silences, la mère préfère faire mine d'oublier l'Australie, tellement elle était heureuse là-bas, son petit frère qui ne s'en rappelle pas, son grand-frère qui fait aussi un peu l'autruche comme la mère, et bien finalement ce garçon qui avait vécu peut-être un rapport plus fort avec son père que les autres enfants, plus proche grâce à la course, se retrouve en France déboussolé, ayant perdu ses repères et en fait sacrément seul. La famille est bien décrite, pas forcément en plus idyllique, la mère a un rôle peu agréable, un peu de ras-bas-joie, ce qui est crédible, et les deux frères aussi sont décrits sans fioritures avec la non objectivité du regard d'un enfant. Le père, lui, est le géant, car les ailes de géant, c'est certes l'Australie, l'opéra de Sydney, mais c'est aussi le père, son héros, plusieurs fois qualifié de géant par ce petit garçon bourré d'admiration. Enfin, il y a cette dualité très forte qui entoure ce garçon, France/Australie, le français et l'anglais, le récit conte le long cheminement pour arriver à surmonter l'absence du père et l'on suit l'évolution positive du jeune héros vers la compréhension de lui-même.  
Un roman beau et sensible à découvrir à partir de 9 ans.

2 commentaires:

  1. Oh, j'adore cet auteur :D Merci !!

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  2. J'ai rencontré l'auteur qui est vraiment très gentille. Nous avons acheté son livre au CDI, mais il est déjà emprunté je n'ai pas eu le temps de m'y plonger.

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