vendredi 4 avril 2014

Gipsy Song

 Gipsy Song : Le choix de Kenzie
Beth Kephart
La Martinière J Fiction
Après la mort de son père, Kenzie, 18 ans, trouve refuge et réconfort auprès de son meilleur ami. Mais finalement, très vite, elle tombe enceinte de lui. Déterminée à garder le bébé malgré le rejet de cette décision par son petit-ami, elle est forcée par sa mère à partir en Espagne où au terme de sa grossesse, le bébé sera adopté.
Dans la chaleur de l'Andalousie, au son d'une guitare de gitan, du chant des oiseaux, des bruits de cuisine, et couvé par le regard du ténébreux palefrenier Esteban, Kenzie va se découvrir elle-même et devoir faire un choix... 

Au coeur du maquis andalou, l'auteur nous offre un portrait sensible, une plongée dans l'intimité de cette jeune fille, trop tôt femme, abandonnée par les siens. Au fil des pages, Kenzie parcourt un chemin initiatique, mine de rien, elle se reconstruit ou peut-être se construit car elle devient une autre. Au ranch, Kenzie sera entourée de nombreuses personnes : Miguel, Estela, Esteban, Angelita, Luis... La jeune fille essaie de s'accrocher à Esteban ou Estela malgré leurs pseudo-indifférences, et le lecteur découvre ces gens d'Andalousie qui nous paraissent sombres, taciturnes mais qui ont un coeur énorme.
Estela, la cuisinière qui apprend à Kenzie son savoir faire, est l'un des protagonistes marquants de ce récit. Petit à petit son histoire nous est dévoilée et le lecteur comprend alors pourquoi la vieille femme se comporte ainsi envers les autres. Sa relation avec Kenzie est très belle, tout d'abord pleine de réticence des deux côtés, elle devient de plus en plus douce pour finir par être quasi maternelle.
Le récit est plein de silences précieux, les personnages se parlent parfois à demi-mots mais justement les dialogues, peu nombreux, sonnent justes. Kenzie, quant à elle, converse régulièrement avec son bébé, ce sont des instants très doux qui nous rendent le personnage encore plus attachant
 L'Espagne est très présente, la chaleur, les couleurs, les odeurs, l'auteur plante son décor et crée une ambiance qui donne le ton et du relief à son récit. Beth Kephart est poète, et cela se sent, sa prose est poétique, délicate, et surtout profondément intimiste. L'auteur ne fait pas dans la facilité, c'est un récit beaucoup plus mûr que le résumé me le laissait penser. Touchant, parfois douloureux, c'est un beau livre, vibrant, qui porte sur les choix, sur la liberté de disposer de son corps, d'être, et de devenir ce que l'on veut. 

A découvrir dès 13/14 ans.

Une très belle chronique chez Clarabel. Il n'y a que ce qui concerne la couverture où je ne la rejoints pas, personnellement je préfère nettement la version française, et j'ai du mal à retrouver l’atmosphère du livre dans l'original. 

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1 commentaire:

  1. Une histoire qui à l'air trés belle et émouvante merci pour cette nouvelle découverte, je préfère également la couverture française (^_^)

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