mardi 25 novembre 2014

Le pays où quelqu'un nous attend

Le pays où quelqu'un nous attend
Gisèle Bienne
Editions L'école des Loisirs

Lorsque la mère de Quentin et Fanny est hospitalisée afin d'être opérée du coeur, la vie de ses deux enfants basculent. Les voilà qui se retrouvent catapultés chez des amis de leur père, un couple sans enfants, Gilles et Jeanne. Ces derniers, paysans, prennent rapidement le frère et la soeur pour des ouvriers agricoles. Pire, les deux agriculteurs, profitent de cette présence sur la ferme pour prendre 5 jours de vacances. Un comble ! Commence alors une longue série de mensonges pour les enfants : devoir répondre au téléphone à leur père sans vendre la mèche comme le leur a demandé Gilles. Seuls dans la ferme, Quentin et Fanny sont vite rattrapés par la mélancolie. Le jeune garçon décide alors de les entraîner dans un road movie d'un genre particulier puisque les voici partis jusque dans les Ardennes, pays de leur mère, en... tracteur. 

Lu il y a presque deux mois, j'ai eu du mal à me mettre à la chronique de ce roman. Si je l'ai aimé, j'ai également trouvé l'ambiance très étrange pour un livre pour enfants. L'auteur s'attarde sur les paysages, la nature et sa plume se révèle très poétique. Au coeur du récit, il y a, pour moi, la rencontre de Fanny avec un homme de la terre, qui se décrit d'ailleurs lui-même comme un indien, Stanislas, vieil homme toujours en résistance. L'amitié sincère entre cette fillette un peu paumée et cet homme bien ancré dans son pays, qui va donc ainsi lui-même devenir un point d'ancrage pour l'enfant, est fort belle. Quant au reste du récit, il est fait d'adultes irresponsables qui peuvent mettre mal à l'aise chaque parent, et de la complexe relation au sein d'une fratrie. Quentin et Fanny vont être profondément changés par cette expérience, de quoi rendre nostalgique les adultes-lecteurs, et donner des envies de liberté aux plus jeunes. 

Morceaux choisis : 

"C'est un été auquel je ne comprends d'ailleurs pas grand-chose. Un été qui ne ressemble à aucun autre. Un été au coeur du coeur de la maladie de maman, au coeur de l'ombre, au coeur du soleil. Un été où je suis en liberté et où je suis enfermée. Un été où je suis dans mon droit et pourtant je me sens fautive. C'est un été compliqué."

"La boucle est bouclée, viendra bientôt le moment où il faudra dénouer le noeud."


"Elle est une enfant sans père et les enfants sans père voyagent beaucoup dans leur tête."


"Les adultes ne se comportent pas mieux que les enfants dans bien des cas."

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