mardi 24 février 2015

Les Insoumis, tome 1

Les Insoumis, tome 1 
Alexandra Bracken
La Martinière J Fiction
 
Dans un futur proche, les adolescents ont été décimés par un virus inconnu.
Les survivants, dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables, sont classés par couleurs en fonction du danger qu’ils représentent, et parqués dans des camps.
Ruby et quelques autres refusent cette fatalité et s’enfuient. Échapperont-ils à leurs poursuivants ? Et surtout, parviendront-ils à maîtriser leurs pouvoirs sans perdre leur âme ?

Si je n'avais pas lu partout que le roman était génial, j'aurais vite mis fin à ma lecture. Le début est dur, violent, glauque. Je me sentais très triste, voire mal à l'aise, en lisant. Pourtant, je ne peux pas dire que je n'aimais pas, mais ce rejet des enfants par leurs propres parents et par la société me prenait véritablement aux tripes. J'ai continué et je n'ai pas décroché jusqu'à la fin. Le livre est captivant. Que ce soit les personnages, les différents pouvoirs ou l'arrivée progressive d'une telle société, tout est bien décrit et expliqué. L'auteur alterne donc des moments plus lents avec des passages où l'action domine. Mais la tension pèse sur tout le récit. Au fur et à mesure, on s'attache aux protagonistes : Ruby, Liam, Chubs et Zu. Chacun a un pouvoir et surtout un caractère bien différent et marqué. Les relations entre eux se révèlent assez justes : une amitié pleine de tendresse, une autre qui commence sur une grande méfiance, et enfin une romance. L'auteure arrive même à distiller quelques pointes d'humour dans la seconde partie ! Bref, rien ne manque dans ce premier tome, et c'est un démarrage en force de ce qui s'annonce être une superbe dystopie ! 


Extrait

La première victime fut Grace Somerfield.
Du moins la première dans ma classe du cours moyen. Je suis sûre que des milliers de gamins, peut-être même des centaines de milliers, avaient déjà succombé. Les gens avaient mis longtemps à comprendre... ou bien s'étaient arrangés pour ne rien voir alors que les enfants mouraient depuis longtemps.
Quand la nouvelle des décès s'était finalement répandue, mon école avait formellement interdit aux enseignants et au personnel de parler devant nous de la «maladie d'Everhart», ainsi nommée à cause de Michael Everhart, sa première victime connue. Bientôt, il avait été décidé de lui donner un véritable nom : neuro-dégénérescence idiopathique aiguë des adolescents... NIAA. Ensuite, ce ne fut plus seulement la maladie de Michael.

Les adultes, autour de moi, cachaient cette information derrière des sourires hypocrites et des démonstrations d'affection. Moi ? J'étais encore dans mon petit monde de princesse. Plus tard, je me suis demandé comment j'avais pu être aussi naïve, négliger tous les indices. Même les signes bien visibles, comme lorsque mon père, flic, s'est mis à faire beaucoup d'heures supplémentaires et à éviter mon regard. Ou lorsque ma mère m'a imposé un régime strict de vitamines et ne m'a plus jamais laissée seule, même pendant quelques minutes.
Mes parents contrôlaient strictement mon accès à Internet et à la télévision. La disposition de mes animaux en peluche sur mon lit me préoccupait beaucoup plus que l'éventualité de mourir avant mon dixième anniversaire.

Je n'étais donc pas du tout préparée à ce qui se passa le quinze septembre.

Il avait plu, la veille au soir, et mes parents m'envoyèrent à l'école avec mes bottes en caoutchouc rouge. En classe, on parla des dinosaures et on fit une page d'écriture, puis Mme Port, visiblement soulagée, nous libéra pour le déjeuner.
Mes souvenirs sont très nets.
Grace a été la première et ça n'aurait pas dû arriver. Elle n'était pas vieille, comme mon grand-père. Elle n'avait pas le cancer, comme Sara, l'amie de maman. Ni allergie, ni toux, ni plaie à la tête... Rien. Elle est morte d'un seul coup et, quand on a compris, il était trop tard.
Grace se tut soudain. Le gobelet qu'elle tenait glissa entre ses doigts et tomba sur la table. Elle avait la bouche ouverte, fixait un point situé juste derrière ma tête. Elle fronçait les sourcils, comme si on lui expliquait quelque chose de très compliqué.
- Grace ? dis-je. Ça va ?

1 commentaire:

  1. Votre avis confirme l'idée que je me fais de ce roman, j'ai très très envie de le lire ! J'ai tenté votre concours, si je ne gagne pas, j'irai foncé l'acheter, je n'ai pas envie de louper ça ! :) Super chronique, merci à vous :)

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