mardi 2 février 2016

Janis est folle

Janis est folle
Olivier Ka
Editions du Rouergue
 
Titouan et sa mère Janis vivent depuis toujours en marge, se faisant héberger ici ou là, de ville en ville, de petits boulots en petits boulots. Seuls au monde tous les deux et s'adorant. Mais un jour, Janis met volontairement le feu aux deux-pièces qu'on leur prête et les voilà en cavale, dormant dans leur vieux Volvo break ou dans des campings paumés. Sans argent, ils braquent une pizzeria, puis une épicerie.
Jusqu'où l'irresponsabilité de Janis va-t-elle les mener ? Pourtant, Titouan a l'impression que sa mère l'emmène dans un lieu précis, le lieu de leurs origines... 

Le livre n'est pas à mettre entre les mains des plus jeunes. Il fait partie de la collection Doado noir donc forcément vous l'aurez compris on s'adresse aux adolescents (je frôle le génie là...), à partir de 14 ans minimum. Personnellement, je ressens plutôt cette collection comme des livres pour adultes... mais en mieux ! Sans la fioriture, la complaisance (cf le passage des parents de Fleur... si vous vous laissez tenter dans le roman, vous comprendrez), avec de la sexualité mais pas de scènes de sexe qui n'auraient rien à faire là. Dans Janis est folle, Olivier Ka montre bien l'absurdité de la vie de ses deux héros principaux et en même temps comment Titouan cherche à survivre intérieurement. Le jeune garçon est obligé de se conforter dans l'idée qu'il est heureux avec sa mère mais parfois quand les choses vont trop loin, le barrage lâche et il frôle peut-être une forme d'autisme en rentrant en lui-même. Car une chose est certaine, si sa mère semblait vouloir le protéger, au final, elle ne cesse de le mettre en danger (comme dans l'épisode de l'homme en peignoir ou du vol de jambon). La tension monte, la pression sur Titouan augmente en écho à la folie grandissante de Janis... ou peut-être est-ce juste parce que cela fait trop longtemps qu'ils jouent à ce jeu dangereux. Jusqu'au bout l'auteur nous fait tourner en rond, les bons deviennent les mauvais et inversement. Tout s'explique et le récit laisse d'abord un goût âpre pour finir comme dans une chanson mélancolique sur un vent d'apaisement et pourquoi pas d'espoir. 

1 commentaire:

  1. Je suis vraiment tentée par ce roman. Cette collection, en général, me plaît beaucoup.

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