mardi 22 décembre 2015

Le fil rouge

Le fil rouge
 Paola Barbato
Editions Denoël
Collection Sueurs Froides
Antonio Lavezzi mène une existence solitaire et monotone depuis le jour où Michela, sa fille de treize ans, a été sauvagement assassinée. Sa femme l'a quitté, et le meurtrier n'a jamais été arrêté. Antonio travaille dans le bâtiment avec un ami d'enfance. Ce dernier lui présente inlassablement de petites amies potentielles qui ne l'intéressent pas.
Lorsqu'un corps est découvert sur le chantier dont il est responsable, des éléments troublants amènent Antonio à penser que cette affaire et son histoire personnelle sont liées. Contacté par un homme mystérieux, baptisé l'Assassin, qui lui ordonne d'exécuter des criminels ayant échappé à la justice, Antonio décide d'obéir et va s'extraire peu à peu de sa torpeur et de son silence. L'Assassin semble savoir qui a tué Michela, et Antonio, pris dans une spirale meurtrière, est plus que déterminé à venger sa fille. 


Une vie millimétrée, des règles, pas d'attache, notre héros s'est construit une vie sans plaisir. "Cinq jours sur sept, il menait une existence qui se répétait à l'infini" Chaque jour il s'applique une méthode de survie."L'apparence, cette grande, infinie ressource." 
Après un début assez lent (on lit au rythme plus que monocorde de notre héros, une atmosphère de grisaille plane sur l'introduction) le roman se révèle prenant, exaltant, jubilatoire ! Il m'aura fait trembler !
"La douleur [...], tu ne la vois même pas, tu ne la sens pas, jusqu'à ce qu'elle se mette à serrer, à te couper la chair et à entrer en toi de toutes parts. C'est un fil subtil, la douleur. Un fil rouge. Il nous relie, il nous serre, il pénètre tellement en profondeur qu'on oublie qu'on l'a à l'intérieur."
Quelle claque que ce récit ! Quels tourments intenses ont les hommes ! A mi-chemin du livre, l'auteur a su me faire pleurer. Au fil des pages, le lecteur entre en empathie avec cet homme et lorsque, enfin, sa carapace casse, l'émotion est là.
J'avoue qu'au pire moment du roman, pendant deux ou trois pages, je n'ai pas lu et je suis allée directement à la scène suivante tant ce passage s’apprêtait à raconter l’innommable (je n'ai lu que la première phrase de ce long flash black, ça m'a clairement suffit). Hormis ces quelques pages, j'ai tout aimé du livre, je l'ai trouvé terriblement poignant, précis lorsque l'auteur rentre dans la psychologie des personnages, pour tout dire excellent. Bizarrement (ou pas vu les thèmes abordés), j'en suis sortie très triste, le coeur lourd par tous les chagrins et toutes les peurs croisés au fil de ma lecture. 
Si vous aimez les bons thrillers, je vous le recommande. Patricia Barbato est sans aucun doute une auteure italienne à suivre. Quant à moi, j'ai très envie de me procurer son premier roman (Le fil rouge est son second) A mains nues.
(Le fil rouge est sorti le 5 novembre 2015) 

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