dimanche 13 novembre 2016

Timide

Timide
Sarah Morant
Éditions Hachette
Discrète, discrète, discrète... 
Parce que c'est tellement plus facile de fuir le jugement des gens plutôt que de l'affronter en face. Réservée, réservée, réservée... 
Parce qu'elle se sent tellement mieux en faisant comme si rien ne c'était passé. 
Aimée, aimée, aimée 
Parce qu'il va entrer dans sa vie, et tout bouleverser tel un jeu de quilles... 
Une fille timide peut cacher tellement plus. Il faut juste qu'une personne prenne la peine de le découvrir.

Timide est un roman qui n'est pas sans défaut, loin de là. Les différents protagonistes sont particulièrement stéréotypés. Les personnages principaux sont forcément très beaux et se démarquent des autres. (à quoi ça servirait de faire des personnages où l'on peut s'identifier, on se le demande). L'héroïne est magnifique, même sous la pluie, même sans maquillage (oui parce qu'on nous le dit plusieurs fois elle ne porte pas de maquillage. quel scoop ! parce qu'une fille doit porter forcément du maquillage, n'est-ce pas ?), elle est introvertie, bégaye souvent mais attire les regards. On a le droit à l'éternelle scène (deux ou trois fois au moins !) où elle ne porte qu'un large t-shirt qui lui arrive à mi-cuisse. Que ceux et celles qui n'en peuvent plus des scènes où les nénettes portent un t-shirt - de mec forcément, une fille, ça ne porte pas de t-shirt voyons, une fille ça a un « haut » - long - lèvent la main.  Le héros est un rebelle sexiste, mesquin... mais on nous dit qu'au fond même s'il traite les femmes comme de la merde, il a un grand coeur (cherchez l'erreur). Ce « héros » peut attraper la fille par les poignets, la plaquer contre un mur pour lui parler… pas de soucis ! C’est normal, voyons ! La fille lui dit x fois d’aller se faire cuire un œuf, de la laisser tranquille, non il continue à la suivre. … tout va bien ! Il est vraiment regrettable qu’encore aujourd’hui, on soit dans cette culture où une fille devrait se conformer à l’image que l’on veut d’elle, qu’une fille devrait accepter que si elle plaît à un type elle doit subir son harcèlement (oui, appelons un chat, un chat !), et même finalement nous faire croire que la fille va finir par aimer ça, en prendre son parti et devenir super pote avec ce mec… voire plus bien entendu.
À contrario, la peste du récit,  entourée d'une petite cour de lycéens insignifiants, ne semble pas bien méchante. Bizarrement, on ne sent pas vraiment l'angoisse que peuvent ressentir les victimes d'harcèlement scolaire, la chipie manquant cruellement de peps et d'envergure (des gosses de primaire font subir bien pire à leurs victimes !). La meilleure amie de l'héroïne est quasi invisible ce qui est bien dommage, elle semblait plus intéressante que les autres.
Les situations elles-même sont peu crédibles.  Mais on regrette surtout que les pseudos mystères ou surprises que semble vouloir ménager l'auteur soient totalement prévisibles dès le départ.
Je mets un bémol à cet avis négatif, à savoir que malgré tous ses défauts,  le roman se lit facilement car la plume n'est pas désagréable. L'ambiance créée est finalement plutôt douce et on se laisse facilement bercer par ce récit un peu monotone. Une lecture à la Simone Elkeles version soft, à réserver aux jeunes adolescents qui n'ont pas déjà lu et relu ce genre de livres (mais en même temps il est à espérer qu’ils le lisent avec un regard critique sans ingérer certains comportements des personnages comme étant admis socialement).

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