jeudi 19 juillet 2018

The Hate U Give - La haine qu'on donne

The Hate U Give - La haine qu'on donne
Angie Thomas
Editions Nathan


Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier rythmé par les guerres entre gangs et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ces deux mondes. Sa vie vole en éclats le soir où son ami Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. 
Et tandis que son quartier s'embrase, tandis que la police cherche à enterrer l'affaire, Starr va apprendre à redresser la tête.

Je me suis rendue compte que je n'avais toujours pas chroniqué ce roman alors même que je l'ai dévoré avant sa sortie officielle et que je l'ai ensuite relu une seconde fois. En fait, après ma première lecture, je n'ai pas réussi à trouver les mots pour donner mon avis, la seule chose qui me venait c'était "lisez-le !", "lisez-le !", "lisez-le !" !! car j'ai adoré cette histoire. Les mots sont tellement percutants, justes, bruts de décoffrage ! Le lecteur est en immersion totale dans ce quartier américain chaud et suit les pas de l'héroïne avec une tension indescriptible. Les personnages sont forts et attachants, même ceux au caractère fort ou à la personnalité particulière. Starr a deux vies bien distinctes qu'elle soit dans son lycée branché ou dans son quartier pauvre. D'un côté, on va croiser son petit ami et ses meilleures amies et de l'autre, ses frères, sa famille, et ses amis d'enfance. Les parents sont aussi très présents dans l'histoire, ce qui est finalement assez rare. Dans bien des romans pour ados, c'est comme si les parents n'existaient pas. Ici, on les voit évoluer dans le quotidien; donc les parents donnent des règles à suivre, parlent, doutent, et se disputent.
C'est un livre qui fait clairement passer un message, un message de tolérance, de refus de cette fatalité raciste d'une agression supérieure en cas de peau noir. L'accent est forcément mis sur les violences policières mais pas de machiavélisme, l'oncle de Starr étant lui-même un agent des forces de l'ordre. Le récit souvent amer sait se faire doux et drôle également. Nous sommes au milieu d'adolescents qui rient et chahutent ensemble. C'est un roman très réaliste. D'ailleurs, l'autrice s'est inspirée du mouvement Black Lives Matter qui a dénoncé les violences policières mais aussi tout simplement de sa vie. Récit initiatique, Starr évolue au fil des pages. De la gamine coincée entre deux mondes, celui bourgeois et blanc de son lycée huppé et celui dangereux et noir de son quartier, de la gosse qui ne sait pas où se situer, elle passe à une jeune femme qui s'engage politiquement, elle donne de la voix pour exprimer ses opinions et se faire entendre.

Je ne peux que le conseiller plus que vivement à vos adolescents, à partir de 14 ans.



Bon, je ne suis pas convaincue ni par le casting (j'aurais préféré une actrice inconnue par exemple) ni par les choix du scénario et les libertés vis-à-vis du livre qui me sautent déjà aux yeux mais je ne manquerai pas de le voir, c'est certain.

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